Sirha 2026, vitrine de la boulangerie 3.0

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Le positionnement « snack » semble avoir définitivement convaincu le public du salon Sirha Bake & Snack. L’édition 2026 a réuni 35 000 professionnels (+11 % par rapport à 2025), dont 4 000 chefs, boulangers et pâtissiers.  La nouvelle boulangerie est un point de restauration à part entière, avec tout ce que cela implique d’innovations.

En quelques éditions, le Sirha Bake & Snack est passé d’une phase de repositionnement stratégique à une phase de normalisation de l’offre snack. Désormais, la boulangerie ne se pense plus uniquement comme un lieu de production et de vente, mais comme un espace de restauration à part entière, soumis aux mêmes exigences que le food service en matière de rapidité, de lisibilité de l’offre, de maîtrise des coûts et d’expérience client.

Des solutions orientées vers les usages

Dans les allées, cette réalité s’est imposée sans débat. Les innovations présentées concernent autant les produits que les usages : solutions de snacking chaud et froid, offres modulables selon les moments de consommation, produits pensés pour le déjeuner nomade, mais aussi équipements favorisant la cadence, la polyvalence et l’optimisation des espaces de vente. L’innovation ne se limite plus à la recette, elle englobe l’ensemble de la chaîne, du laboratoire au comptoir.


Le Sirha Bake & Snack 2026 a accueilli plus de 30 000 professionnels de la boulangerie, pâtisserie et snacking à Paris Expo Porte de Versailles du 18 au 21 janvier. ©DR

Focus sur la RSE de la boulangerie

« Douze millions de français fréquentent quotidiennement une boulangerie », insiste Luc Dubanchet, Directeur général du Sihra, lors de la Rencontre CEBP. « Ce chiffre est colossal, il représente un quart de la population active. La boulangerie française endosse donc une responsabilité sociétale et sociale fondamentale qui doit être portée à travers l’offre du salon ». De fait, les stands de minotiers placés en début de parcours offrent au visiteur une entrée en matière. Le message est clair, quelle que soit l’offre, la qualité du produit reste le cœur du sujet.

Artisans et industriels : des relations apaisées

Autre signal fort de cette édition 2026 : la cohabitation apaisée entre artisans et industriels. Longtemps perçue comme un clivage structurant du secteur, cette opposition semble aujourd’hui dépassée. Les discours comme les offres convergeaient en effet autour des mêmes priorités : qualité produit, constance, sécurité sanitaire, adaptation aux nouvelles attentes des consommateurs et capacité à absorber les chocs économiques.


Plus de 450 exposants et plus de 500 marques ont présenté équipements, ingrédients et solutions innovantes pour les métiers de la boulangerie et du snacking. ©DR

Des innovations à foison

Le salon a également mis en lumière une boulangerie de plus en plus outillée et pilotée. Logiciels de gestion, solutions d’encaissement, outils de suivi des ventes ou d’optimisation des marges occupent une place croissante. Cette présence accrue des acteurs du numérique traduit une évolution du profil des visiteurs. Ils sont chefs d’entreprise avant tout, en quête de solutions concrètes pour sécuriser leur modèle économique dans un contexte marqué par la volatilité des matières premières, la pression sur les prix et l’évolution rapide des comportements de consommation.

©DR

Timide retour de l’international

L’édition 2026 confirme un retour discret mais réel de l’export. Malgré l’absence d’annonce spectaculaires, la présence de délégations étrangères et d’exposants internationaux rappelle que la boulangerie française demeure une référence, à condition de s’inscrire dans des logiques de marché plus structurées. Le Sirha Bake & Snack se positionne davantage comme une plateforme, une place de networking facilitant échanges et projections, que comme une simple vitrine. Quoique la fonction de vitrine soit également bien assurée… difficile de passer son chemin sans s’arrêter devant les créations et innovations. La boulangerie-pâtisserie française a encore de beaux jours devant elle.


Les stands dédiés aux minotiers et fournisseurs de matières premières ont mis en valeur l’importance des farines et ingrédients adaptés aux nouvelles tendances. ©DR